L'AUTEUR

Ma première rencontre avec la photographie a lieu à l'âge
de dix ans où je fus captivé par le rendu tout en lumière
des tirages noir et blanc. Avec un Voigtländer et une cellule
à main j’ai fais mes gammes en noir et blanc.

Il en est resté une vision lumineuse de la photographie
que j’essaie modestement de restituer dans la plupart de
mes compositions, la couleur ne servant qu'à renforcer
une ambiance.

C’est après ces essais peu fructueux, et un abandon de
toute prétention dans le domaine de la photographie que
j’ai suivi des études scientifiques. Je suis actuellement
ingénieur en physico-chimie et je possède un doctorat
en sciences. Je reste très attaché à une approche expéri-
mentale de toute science.

Vers l’an 2000, j’ai acheté un scanner de négatifs, suivi
d’une imprimante presque sur « un coup de tête ».
A ce moment-là, j’avais compris que l’excellente maîtrise
technique des outils, acquise par ma formation, était le
meilleur moyen de s’en affranchir.

Je dédie ainsi mon énergie photographique exclusivement
à l’accomplissement d’une démarche photographique
personnelle.

Je suis le père de trois enfants fabuleux, et avec ma femme
nous vivons et travaillons entre la Provence et les Cévennes.

Je remercie du fond du coeur ma famille pour leur
soutien et patience, dont la personne qui m’a mis mon
premier appareil photo entre les mains.

 

L'INTERVIEW
A propos de l’exposition « Hautes Coutures » à Phot’Aix, Octobre 2005.

-Al, my first question… How long does it take to make one
of your compositions?
-The making of the picture? Well, about half an hour scanning,
six hours in all for the computer work and about another half
hour for the print.

-You mean you work exclusively for the print?
-Yes. Its’ harder, every detail shows on a 40x40 print, but more
rewarding.

-And the computer work…
-In fact, half the computer work is assembling, positioning,
orienting and colour matching, the other half is “cleaning-up”
work on the details…

-Yes but when and how do you choose the elements on
a picture?
-Only rarely do I have all the elements at hand. So most of
the time, the elements need to be collected in the outside
world...

-So you mean your pictures are thought out before the
computer assembling step?
-Yes. Always. I write down the ideas, sketch the scenes,
and make lists of elements I need. If it’s scenery, it often
means waiting for the ideal situation. With models, or the kids
in the scenes, I try to make them participate in the making.

-So back to my first question… How long does it take to
make one of your compositions?
-Well, then lets say the technical part, 7 hours. The rest…
its impossible to say. Some pictures span over two years,
waiting for the ideal scenery, like “moonset”… or the other
way round, it can take a year to have a good idea with a good
scenery… I am more a picture collector than a photographer…
if that makes sense…

-So your ideas are logged on a book? Can you show me?
-Here for example, I have sketched six possible pictures.
The themes of gravity, rain, wind… all to go into the same
portfolio. Next to the sketches, the fragments that are missing,
and details on the postures of the models.

-This is very far from the “instant decisif”…
-Yes, by the technical making steps, but no by the conception,
since all pictures appeared to me in thought at one instant,
in such a perfect arrangement. The whole difference is in
the translating of a visual idea and every technical step betrays
the initial idea. It’s a compromise.

-So is this still photography?
-Of course. Not only every piece of the composition is a
photograph, but the process of fixing “something” is exactly
the same as more traditional photographers, or to refer to
the same person, “quick drawing”…

-But how do you define…
-Of course, there’s a “plasticien” approach, but as someone
involuntarily put it…”Its all just a waste of time”. I like that.
Look at all the kids pulling, pushing, running, contemplating…
all just wasting their time for an impossible cause. And kids
have an exceptional ability to “waste their time.” So do I.

 

COMMENTAIRES DE LA PRESSE
(J. Hermite, « Le Midi Libre » )

Après avoir pris une photo, il (Alastair) la laisse reposer parmi
les autres pendant un temps de gestation plus ou moins long.

L’art (car Alastair est incontestablement un artiste) doit être un délassement créatif exempt de toute ambition ; c’est ainsi que
le jour où l’inspiration lui vient, il va piocher dans ses trésors
et ressort une photo pour la recomposer, la manipuler avec
une technique qui consiste à reproduire de l’improbable et
parfois même de l’impossible.

Quand on est devant une de ses photos (mais est-ce encore
de la photo ?) on voit immédiatement que l’artiste moderne
qui utilise son outil, un vieux Nikon FM, comme le peintre
utilise son pinceau ou le poète sa plume cherche à exprimer
le décalage qu’il ressent entre le monde réel et celui qu’il rêve.
La société a besoin de poètes comme la nuit a besoin d’étoiles
et s’il suffit de penser pour être un homme d’esprit, il faut ima-
giner pour être un poète et de l’imagination, l’auteur de ces
photos n’en manque pas…

La pensée se forme dans l’âme comme les nuages se
forment dans le ciel, allez voir les nuages et les étoiles
dans le ciel de Alastair, ils vous feront quitter notre monde
et ses nombreux problèmes pour vous faire entrer dans
son monde du rêve… Là, plus de pollutions ni de misères
mais un moment de bonheur rafraîchissant…

 

 

 

 

 

 

 

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